Culture

General Elektriks foudroie Pourparlers

Aux termes d’ une tournée de trois années qui les a mené de la Chine au Brésil, GE a posé ses cables au Fil. Lettre ouverte à Hervé Salters, leader de GE.

General Elektriks tu m’intrigues. Faut-dire que t’es un drôle d’ovni Hervé salters ! Depuis que t’as fait le raid sur la radio, je sais que nos pirateries sont de mêmes acabits.T’es pas trop « marketé ». Dans ma discothèque, Cliquety, Good City for Dreamers et Parker street sont tout simplement en haut, là où j’ai rangé Odelay de Beck, le Bowie des 70’s, ou le stewie Wonder, Motown. Juste au dessus de quelques supercheries de hip-hop française comme Stupeflip. Ta zik est roots, alambiqué. ready made, crash tests, chromatiques. Tes paroles, bouddhiste, révolutionnaires, suréealistes, browniennes. Sans doute lynchienne. Avec ton groove funky et ta voix grelotte, t’es un peu le frère déluré de « M », celui que tu as accompagné au clavier durant de longues années, avant de te lancer dans ton projet GE. En live, Hervé, tu saute comme un guerrier punk derrière ton clavier raccordé à une pédale wah-wah. Apres tu croones un vieux bowie standard. Pffffff. Sur scène, ton groupe -de tournée internationale!- ce sont les Four Fantastic ou les quatre cavaliers de l’Apocalypse. Pour le show, avec ton excellent jeu de synthé Vintage avec sa pédale wawa, la MPC et le vibraphone avec ton second clavier, mais ce sont aussi l’excellent batteur à crête de punk, le très glam bassiste Jessie Chaton, chanteur de Fancy et ami de Justice, le guitar rock hero qui riffe comme on kiffe. Au Fil, petit courant de 200 électrons libres, pas encartés Fun Radio.Petite jauge pour un public plus branché reggae et zik urbaines que palinodies. Mais gros courant entre eux et ton groupe. ERDF était dans la salle. Leur estafette rangée sur le gazon du Parc Mitterrand. Peut-être du sponsoring, milles sabords. Tu nous a fait péter les plombs. Fiat lux
Jean-Pierre Jusselme


Décryptage : Faisons un raid sur la radio

General Elektriks, ce sont trois albums Cliquety Kliqk (2003) Good city for dreamers (2009) et Parker Street (2011). GE a eu le succès en 2009 via les tubes Helicopter et Raid the Radio. Pourparlers a préféré entendre Hervé salters disserter sur trois titres :

 

 


Un moment lynchien avec Hervé Salters

Hervé Salters n’est pas un exilé fiscal. Il réside avec sa famille à san Francisco depuis 1999. membre du collectif hip-hop Quannum, il poursuite sous le nom de General Elektriks un projet très personnel. Rencontre backstage au FIL

Pourquoi San Francisco ?
C’est une ville qui mélange la culture et la nature, un mix d’ébullition cosmopolite d’ouverture sur le reste du monde et en même temps un océan avec des parcs naturels.
Et musicalement, ce sont les racines -années 60/70- de la musique funk avec Sly and the familiy Stones. Face aux racines, c’est la sensation de monter dans le train plutôt que de courir à côté du train. Là-bas, les gens te poussent au cul. Ce déménagement m’a donné le courage de monter mon propre projet.

Une ligne de basses rondes, une méchante boucle façon hip-hop, un clavier maître enjoué et funky vintage et une si une jolie mélodie old school style Bowie, ce sont les ingrédients et le pied de nez de la 1ere chanson de GE sur cliquetis clik?
C’était décrire comme une fiction, un conte pour enfant le mélange des styles de GE. Dans l’approche, il y a tout cela, hip-hop, de rock, de free jazz. Parce que dans l’art, j’aime la liberté. Le matin, je commence à jouer avec l’ordi ou le clavier, sans me soucier de savoir dans quelle catégorie ca va aboutir. Ma musique est pas marketée. Ca part du hip-hop sur cliquety, puis ca devient plus organique et charnel, avec l’ingrédient de programmation rythmique puis un vrai batteur sur Parker street avec l’idée de se rapprocher du live. Je ne théorise pas vraiment GE

Le chanteur Hervé Salters s’épanouit au chant ?
J’y prend plaisir maintenant. C’était pas dans les cartes, pas comme le clavier que je joue depuis que j’ai 8 ans. Je me suis supris et ca fait du bien de sortir de ses gonds, et de se laisser découvrir par la vie

Vous avez des collabos externes. Est-ce que vous avez pas un profil de producteur arrangeur aussi ?

Oui. C’est le projet solo GE qui est l’accident pour moi. Entre les deux premiers albums de GE, j’ai fait une grosse tournée de deux ans comme clavieriste avec Blackalicious, groupe de hip-hop de la région San Francisco ou Pigeon John avec lequel je travaille sur le prochain disque ( sortie janvier)

La marque general Elektriks, un conglomérat américain ? 
Le label US m’a demandé de changer l’orthographe au moment du premier disque. C’est un bon nom pour un projet foutraque. C’est électricité générale, et j’aimais l’idée du détournement

Quel est le secret de l’indépendance ?
A la suite d’une ITW des dust brothers, producteurs de pop et hip hop, producteurs de Poors boutik des beasties boy et Odelay de Beck, j’ai compris qu’avec un ordi je pouvais dans mon garage faire la musique que j’aime.
Propos recueillis par Jean-Pierre Jusselme

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